Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, M. Kamel Baddari, a présenté, dans l’après-midi du samedi 17 octobre 2026, au siège de l’Assemblée populaire nationale (APN), un exposé sur le budget proposé pour son secteur dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027, devant les membres de la Commission des finances et du budget, en présence de Mme Nadjiba Djilali, ministre des Relations avec le Parlement.
En ouverture des travaux, le président de la Commission a souligné que l’examen des budgets sectoriels ne se limite pas à l’évaluation des crédits financiers alloués, mais porte également sur leur adéquation avec les priorités réelles et sur l’efficacité de leur utilisation en vue d’améliorer les performances des secteurs concernés. S’agissant de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, il a insisté sur l’importance de consolider le rôle de l’université en tant qu’espace de production des connaissances, de formation des compétences et de promotion de l’innovation, en réponse aux besoins de l’économie nationale.
Prenant la parole, M. Kamel Baddari a présenté le budget proposé pour son secteur, qui s’élève à 843,81 milliards de dinars en autorisations d’engagement, soit une hausse de 8,25 %, et à 847,26 milliards de dinars en crédits de paiement.
Il a également évoqué les principaux indicateurs et les dernières évolutions du secteur, précisant que l’année universitaire a été marquée par une numérisation complète des services concernés, couvrant un effectif total de 1,84 million d’étudiants. Il a, en outre, indiqué que 79 % des offres de formation sont orientées vers les sciences, les technologies et les métiers d’avenir.
Dans le cadre de cet exposé, le ministre a mis en avant plusieurs réalisations et projets majeurs, notamment :
• Développement des infrastructures et des spécialités : création de l’École nationale supérieure d’optique et d’ingénierie à Sétif et ouverture de nouvelles spécialités dans les domaines de la médecine et des sciences de la santé, en coordination avec le ministère de la Santé.
• Modernisation des offres de formation : ouverture de sept nouvelles formations à double diplomation dans cinq universités et lancement de la version électronique du «Cadre algérien des qualifications et des certifications dans l’enseignement supérieur », en coordination avec les différents secteurs ministériels.
• Valorisation de la recherche scientifique : mise en place d’un nouveau dispositif permettant de présenter une thèse de doctorat sous la forme d’un ensemble cohérent de travaux scientifiques, afin de mieux valoriser la production scientifique des chercheurs.
• Renforcement de l’ouverture internationale : accueil de 334 étudiants internationaux issus de 39 nationalités et lancement de la deuxième édition du programme « Étudiez en Algérie ».
• Promotion de la qualité : poursuite de l’accompagnement des établissements universitaires dans leur démarche d’obtention de certifications qualité et extension de l’expérience du modèle « Université de quatrième génération ».
• Renforcement des liens avec les compétences nationales établies à l’étranger: mise en place d’un cadre institutionnel dédié à la communauté scientifique algérienne à l’étranger et création d’un conseil supérieur consultatif auprès du président de la République.
• Soutien à l’innovation et à l’entrepreneuriat : valorisation de projets innovants stratégiques et présentation de 80 produits, ainsi que l’obtention du premier agrément national dans le domaine de la formation aux systèmes de drones.
À l’issue de l’exposé, les membres de la Commission ont été invités à intervenir afin de soulever leurs préoccupations et de formuler leurs observations sur plusieurs questions liées à la gestion du secteur et à l’amélioration de ses performances. Les principales interventions ont porté sur les points suivants :
• Amélioration des oeuvres universitaires : prise en charge de la pression sur les capacités d’hébergement dans les résidences universitaires et réduction de la surcharge des transports par l’ouverture de nouvelles lignes, notamment dans les grandes villes, afin de faciliter les déplacements des étudiants.
• Modernisation de la restauration universitaire : accélération de la numérisation des services de restauration afin d’améliorer leur gestion et de garantir des repas complets et équilibrés.
• Amélioration de la qualité de la formation : renforcement de la qualité de l’enseignement supérieur et passage d’une logique privilégiant la quantité à une approche axée sur la qualité des formations et de leurs résultats, afin d’améliorer le niveau de compétence des diplômés.
• Amélioration des conditions professionnelles des enseignants : mise à disposition de logements de fonction pour les enseignants et modernisation des laboratoires scientifiques, avec des équipements adaptés aux besoins de l’enseignement et de la recherche.
• Soutien aux compétences et à l’innovation : limitation de la fuite des compétences nationales, renforcement de l’accompagnement des projets innovants, soutien aux incubateurs d’entreprises et promotion de l’entrepreneuriat universitaire.
Ces échanges s’inscrivent dans le cadre de l’examen du projet de budget du secteur pour 2027. Ils visent à évaluer les priorités budgétaires et leur contribution à l’amélioration de la qualité de la formation universitaire, au renforcement de la recherche scientifique et de l’innovation, ainsi qu’à l’amélioration des services destinés à la communauté universitaire.