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Conférence de presse du Professeur Mohamed Mebarki, Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique au Forum du quotidien " El Moudjahid ", le 15 décembre 2013

La rentrée  2013-2014 s'est déroulée dans de bonnes conditions, puisque nous avons pu accueillir correctement, tous les étudiants, et répondre aux attentes des nouveaux bacheliers, dont le nombre atteint 192.000.

Les enseignements pour la licence ont commencé presque partout, depuis le 20 septembre 2013.

Pour les masters, cela a été un peu plus laborieux et compliqué, faute de compréhension du système LMD et faute de bonne appréciation de la part des administrations et différents organismes, dans les procédures recrutement. 

Le système d'orientation et d'inscription des nouveaux bacheliers est maintenant rodé depuis un certain nombre d'années, grâce à l'outil informatique et à l'expérience acquise en la matière. Donc, toutes les étapes d'inscription se sont déroulées comme prévu.

Sur le plan des infrastructures et en dehors de 3 ou 4 villes universitaires, j'estime que les conditions ont été favorables, pour assurer une bonne rentrée, grâce à la réception d'infrastructures   nouvelles.

Les infrastructures réceptionnées ont permis d'augmenter le nombre de places pédagogiques physiques  de 118.200, portant ainsi la capacité de tout le secteur à 1.250.000 places pédagogiques, pour un nombre global d'étudiants de quelque 1.300.000.

Aujourd'hui, nous disposons d'un réseau d'établissements composé de 47 Universités, dont une (1) de  formation continue (UFC), 18 écoles nationales supérieures, 6 écoles normales supérieures, 10 écoles préparatoires, 10 centres universitaires et 11 facultés des sciences médicales, répartis à traves le territoire national.

Ce réseau d'établissements compte 1.300 laboratoires de recherches universitaires.

Au plan de l'hébergement, 70.000 nouveaux lits ont été réceptionnés, portant la capacité de tout le secteur a atteint 651.000 lits, soit un taux de 50% du nombre global d'étudiants (qui s'élève à 1.300.000).

On peut dire que globalement, les infrastructures, notamment celles nouvellement réceptionnées suite aux instructions de Monsieur le Président de la République et aux visites de terrain de Monsieur le Premier Ministre, sont suffisantes et ont permis à chaque étudiant de bénéficier d'une place pédagogique et des conditions d'hébergement et de restauration convenables.

Bien entendu, des problèmes persistent dans certaines villes universitaires (3 ou 4), en raison du retard enregistré dans la réalisation.

Sur le plan pédagogique, deux (2) systèmes se côtoient encore. Le système classique qui se termine cette année (au niveau licence) et le LMD, qui s'est généralisé depuis cinq (5) ans. Nous avons ouvert cette année, près de 500 licences et un millier de masters nouveaux; les inscriptions se sont déroulées  dans le respect des conditions d'éligibilité et en fonction des conditions de chaque établissement.

A ce niveau, je signale que des perturbations ont eu lieu du fait de la mauvaise compréhension du système LMD, puisque tous les licenciés ne peuvent pas être admis  automatiquement en Master. Il y a des règles inscrites dans la logique même du LMD  qu'il faut respecter. Ceci étant, nous ne ménageons aucun effort pour élargir le champ d'admission au plus grand nombre possible, dans la limite des conditions pédagogiques et particulièrement celles liées à l'encadrement. Presque 75% des licenciés ont été inscrits en master. Pour améliorer l'encadrement, nous projetons de recruter près de 6.000 enseignants cette année pour faire face aux nouvelles demandes, à l'avenir.

Le nombre d'enseignants universitaires, tous niveaux confondus, avoisinait à la dernière rentrée les 45.000, dont plus de 20.000 sont des femmes.

De plus, les licenciés LMD évoquent des problèmes réels de leur insertion dans le monde du travail.

A titre d'exemple, on peut citer les difficultés rencontrées par les diplômés en Droit désirant s'inscrire au barreau, concourir pour la magistrature, ou encore au notariat, entre autres, contrairement aux licenciés de l'ancien régime du « classique » préparé en quatre (4) ans.

Il s'agit de dépassements. Une remise en ordre va être faite par le Premier Ministre, pour expliquer que face au recrutement, la licence est un diplôme d'Etat, unique, qu'il soit préparé en 4 ans ou en 3ans.

La nouveauté pour cette rentrée c'est l'introduction de socles communs à plusieurs parcours de licences. Cela amène de l'homogénéité au système et facilite la mobilité des étudiants entre les établissements. Nous pensons que ces socles communs vont apporter une plus grande cohésion à notre système d'enseignement. Nous devons dépasser le stade quantitatif caractérisé par la création du nombre de filières en rapport avec le marché de l'emploi et les besoins économiques, pour nous consacrer à l'amélioration de la qualité de nos diplômes.

C'est pourquoi les pédagogues ont introduit cette disposition, qui est déjà appliquée dans beaucoup de filières. Là où des problèmes se posent quant à l'application de ces dispositions, la réflexion continuera  jusqu'à la levée par les enseignants de toutes les contraintes, et la généralisation pour la prochaine rentrée.

Au sujet du LMD, il y a lieu de rappeler que son application a débuté de manière effective en 2009. L'apparition de temps à autre de certaines insuffisances sont prises en compte et corrigées au fur et mesure.

Pour l'heure, on ne peut parler d'évaluation objective et globale, tant que la mise en place totale et entière du LMD n'est pas terminée. Néanmoins, des corrections et des améliorations sont apportées à chaque fois que le besoin se fait sentir.

Des équipes de pédagogues et de gestionnaires se penchent sérieusement sur les questions de l'évaluation du système universitaire et plus largement sur celles ayant trait à l'évaluation  des politiques publiques.

A vrai dire, la réforme de l'enseignement universitaire avec son corollaire le LMD (Licence, Master et Doctorat), apportera les réponses aux préoccupations des étudiants, et à celles du développement. 

Ce système a pour but d'assurer un enseignement de meilleure qualité, de délivrer des diplômes reconnus tant sur le plan national, qu'international, et d'assurer des formations professionalisantes adossées à l'activité économique du pays.

Par ailleurs, le système LMD permet, du fait de son organisation, de diminuer les déperditions. Il y a des diplômes intermédiaires pour ceux qui quittent l'université.

Nous travaillerons par ailleurs, à ouvrir l'université sur son environnement par le développement du partenariat, afin d'identifier les besoins réels du marché et orienter les formations en conséquence, et aussi, de contribuer à réduire les problèmes d'insertion professionnelle.

Cette logique que le partenariat qui ne doit pas se départir de son environnement socio-économique et culturel, devient une option stratégique pour l'université.

De la même manière, elle doit s'ouvrir sur le monde extérieur, en établissant des partenariats avec les universités et autres grandes écoles étrangères, dans le but de moderniser notre système universitaire et le hisser au rang mondial.

L'ouverture sur l'international est aussi une nécessité au niveau de la recherche scientifique pour promouvoir le transfert de technologies.

Des démarches sont en cours afin de concrétiser dans les mois à venir un accord de partenariat stratégique avec IBM, pour l'accompagnement à la conception et la production de puces électroniques au niveau de la centrale technologique du  Centre Algérien de Développement des Technologies Avancées,  le C.D.T.A.

C'est une décision qui est accompagnée par plusieurs autres mesures qui visent à doter la recherche scientifique de moyens conséquents lui permettant de répondre aux besoins croissants du pays.

Nous avons annoncé le 24 novembre dernier un partenariat de taille avec 14 autres pays dans un programme spatial où l'Algérie a été admise pour ses potentialités humaines en matière de recherche scientifique.

Le projet JEM-EUSO (le télescope spatial géant), de la station spatiale internationale, a pour objectif principal de percer le mystère de l'origine de particules les plus énergétiques jamais observées dans l'Univers.

30 chercheurs algériens participent à côté de 300 chercheurs affiliés à 80 instituts prestigieux de par le monde, comme l'illustre NASA.

 Nous avons également lancé deux autres projets liés au « spatial » : le premier ambitionne d'enrichir la connaissance universelle par la réalisation d'un observatoire astronomique installé au Mont Chélia dans les Aurès. Il est piloté par le CRAAG et fédère les Universités de Constantine et de Batna.

Le second projet a pour but de compléter les deux premiers, par le développement de la connaissance de l'univers et essentiellement le système solaire à travers l'exploration et l'exploitation des objets stellaires (météorites).

Rappelons que ces avancées scientifiques résultent du programme quinquennal de la recherche, qui a consacré un financement à hauteur de 1% du PIB à la recherche scientifique.

Ces résultats probants ont été également obtenus grâce à la mobilisation et aux compétences reconnues de nos chercheurs. Pour rappel, 11 chercheurs algériens dans différentes disciplines scientifiques, ont obtenu, jeudi dernier, le prix de l'organisme scientifique international « Thomson Reuters Awards » pour les citations de leurs travaux dans le monde. Ces citations représentent 1% de toutes les citations des travaux scientifiques dans le monde.

D'ailleurs, l'un des chercheurs algériens en biologie a été cité 6.500 fois, ce qui représente un record à l'échelle mondiale.

 Pour améliorer nos capacités dans le domaine de la recherche scientifique, une  attention particulière est consacrée à la ressource humaine. A cet effet, des avis d'appel à recrutement de 500 ingénieurs de recherche sont en cours.

Cet effort se continuera à travers le nouveau programme quinquennal de la recherche qui favorisera la promotion de l'innovation et de la production scientifique, la valorisation des résultats de la recherche et leur vulgarisation, ce qui constitue l'essence même de l'action du gouvernement, dans sa quête d'un développement socio-économique cohérent du pays.

 

La situation matérielle et morale des travailleurs, en particulier celle des enseignants, constitue une préoccupation permanente, pour nous, et cela pour diverses raisons :

- Nous appelons les enseignants à plus de mobilisation et de responsabilité dans la conduite de leur université, et dans la définition des politiques publiques de l'enseignement supérieur. Cette mobilisation ne peut se faire si leurs problèmes sociaux et leurs conditions de travail ne sont pas pris en charge.

- parce que les dysfonctionnements, à l'université, sont devenus nombreux et se compliquent. Sans la participation effective des enseignants, l'administration toute seule ne pourra pas avancer. Nous mènerons, alors, une politique de décentralisation en direction des enseignants- en responsabilisant les comités pédagogiques, les conseils scientifiques, les conférences régionales, …etc. 

- et puis d'autres raisons. 

Les problèmes posés aujourd'hui par les enseignants sont de plusieurs ordres. Les plus urgents sont ceux du logement, du déroulement des carrières, de leur formation – recherche, …etc.

Avec le partenaire social, nous avons mis en place (cette semaine) des commissions mixtes pour travailler sur ces sujets, et faire le point au début du mois de janvier prochain.

Notre politique est celle de l'ouverture, de l'écoute et du dialogue, pour dégager les meilleures solutions pour l'université et pour les travailleurs dans le cadre des réglementations et des lois du pays.

Cette politique ne doit pas être uniquement celle de la Centrale, mais de tous les chefs d'établissements et à tous les niveaux.

Avec les étudiants, c'est la même approche de politique de dialogue que nous développons: Les associations et organisations étudiantes posent et suivent les préoccupations des étudiants, en matière de conditions d'études et de vie à l'intérieur des établissements et des cités universitaires. Il faut être à leur écoute et travailler à améliorer la qualité de la vie de nos étudiants.

Il y a une nette amélioration, mais il faut continuer l'effort.