Allocution du Pr. Mebarki à l'ouverture de la Conférence nationale des chefs d'établissement de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique
Mesdames et Messieurs les chefs des établissements de l'enseignement supérieur,
Mesdames et Messieurs les Directeurs des centres de recherche scientifique,
Mesdames et Messieurs les représentants de la presse nationale
Honorable assistance,
Je suis honoré de votre présence à cette conférence nationale des chefs d'établissements de l'enseignement supérieur et des Directeurs des centres de recherche scientifique, consacrée à l'évaluation de la rentrée universitaire 2013-2014, afin de relever les points forts et les renforcer et cerner les faiblesses pour y remédier, dans un cadre moderne et cohérent.
En fait, il s'agit pour nous d'organiser notre programme de travail au cours de toute l'année, pour éviter la précipitation dans le traitement des dossiers et gagner en efficacité.
Notre objectif est d'améliorer le service public de l'enseignement supérieur et la recherche scientifique dans le but d'assurer son développement qualitatif.
L'amélioration du service public est un axe prioritaire de la politique actuelle du gouvernement. Pour l'enseignement supérieur, comme chacun le sait, il s'agit fondamentalement de relever le niveau de l'enseignement, d'améliorer la qualité de la recherche et de prendre en charge de manière appropriée les défis économiques et sociaux du pays.
L'Etat a mis tous les moyens à la disposition de l'enseignement supérieur qui dispose d'un réseau dense d'établissements et de centres de recherche, répartis de manière équilibrée à travers le territoire national, pour permettre à tous les algériens d'y accéder.
En ce sens, la politique du pays, en matière de démocratisation de l'enseignement supérieur a largement réussi. L'objectif de cette démocratisation réside aujourd'hui dans l'utilisation rationnelle de ces moyens et l'amélioration du produit de l'université.
A cet effet, le lancement de pôles d'excellence pour former les compétences de haut niveau, au sein des universités, en fonction des avantages qualitatifs et compétitifs dont dispose chaque établissement est devenu une nécessité que nous devons développer et conforter.
Cette conférence intervient après une série de rencontres tenues dans le cadre des conférences régionales consacrées à l'examen approfondi des axes prioritaires de l'évaluation de la rentrée universitaire. Il s'agit du passage entre les cycles de l'enseignement supérieur, l'habilitation universitaire et les questions liées au rayonnement et à la visibilité de l'université.
Dans ce contexte, nous soulignons l'importance de poursuivre le travail des commissions spécialisées instituées par les conférences régionales, pour étudier les axes soulevés et y suggérer des propositions pratiques dans les délais impartis. Car, notre ambition est de développer le rôle des conférences régionales, afin qu'elles deviennent un véritable espace de réflexion, de proposition, de coordination et en même temps, un lieu de maturation des solutions et d'aide à la prise de décision.
Cette initiative qui concerne les conférences régionales, doit aussi être valable à tous les niveaux, à commencer par les conseils scientifiques et les conseils pédagogiques. Ces espaces qui appartiennent aux enseignants-chercheurs, doivent être dynamisés et leurs décisions respectées.
Autant dire que l'ambition du Gouvernement de rendre à l'Université son rôle de guide et de rayonnement sur la société, ne peut se concrétiser sans la réappropriation de l'enseignant de toute la responsabilité qui est la sienne.
La généralisation du système LMD à tous les domaines de la formation, ses filières et ses spécialités, a conduit à l'élargissement de la carte de formation dans les établissements d'enseignement supérieur, pour atteindre 3500 offres de formation en Licence, 3250 autres en Master et plus de 600 en Doctorat. A ce sujet, je voudrais affirmer qu'il s'agit d'approfondir cette réforme tout en évaluant et en apportant les corrections nécessaires.
Cet élargissement a suscité l'émergence de problèmes, particulièrement au niveau de l'accession de la licence au Master, en plus des incohérences apparues entre les offres de formation de même type, du fait de l'absence d'un socle commun et de connaissance commune. Ajouté à cela, l'important manque de formations à caractère professionnel, qui constituent un des objectifs fondamentaux de la réforme. Cet objectif doit constituer une priorité et une orientation stratégique dans l'élaboration des futures offres de formation.
Dans ce contexte, je voudrais souligner que le traitement que nous envisageons pour ces préoccupations, doit s'éloigner de tout ce qui est conjoncturel et provisoire, pour parvenir à des solutions pérennes qui permettent de réaliser le saut qualitatif attendu de ce système et favoriser l'émergence d'un système national d'enseignement supérieur tant sur le plan de la formation, que celui de la recherche ou de la gouvernance, au rang des références internationales.
Le passage du cycle de Licence à celui du master dont le taux varie d'un établissement à un autre, (entre 50 et 80% cette année), a été une source d'inquiétude chez les étudiants de certains établissements universitaires. Ceci doit conduire à l'approfondissement de la réflexion, afin de parvenir à des solutions appropriées qu'il s'agira de codifier, sur la base de normes pédagogiques et scientifiques précises, qui consacrent tout à la fois, le mérite et l'équité, sans tenir compte de l'établissement d'origine. Cette réflexion doit prendre en charge également l'inscription possible à l'université après une activité professionnelle de quelques années.
Dans ce sillage, les commissions pédagogiques nationales des domaines de la formation et les conférences nationales des doyens des universités similaires, sont appelées à parachever rapidement leurs travaux pour asseoir une base de référence et de connaissance communes, pour chaque domaine, comme préalable à plus de cohérence dans les offres de formation similaires aux fins d'établir une nomenclature nationale des filières et des spécialités, pour tous les domaines de la formation.
Il s'agit également de mettre en place, aussi rapidement que possible, un dispositif réglementaire intégré et durable pour faire correspondre des diplômes du système classique d'avec le système LMD, afin de permettre aux diplômés du classique de poursuivre leurs études dans le système LMD.
A cette occasion, nous signalons que l'inscription en Licence LMD des diplômés du DEUA, détenteurs du baccalauréat et ayant cinq (05) années d'expérience au moins, a été organisée de manière définitive. L'accession de cette catégorie aux établissements universitaires ne pose plus aucun problème. D'ailleurs, nous avons enregistré 2176 inscrits au niveau de la Licence LMD. J'invite les chefs d'établissements de l'enseignement supérieur à poursuivre cet effort lors des prochaines rentrées afin de répondre à la demande exprimée par cette catégorie de citoyens.
Quant à la classification du DEUA sur la grille indiciaire des salaires, cette demande est prise en charge par les institutions concernées et en particulier par la fonction publique, sur instruction de Monsieur le Premier Ministre.
Mesdames et Messieurs
L'employabilité des diplômes du LMD a constitué un souci ces dernières années. Les secteurs concernés n'ayant pas tenu compte de la nomenclature des nouveaux diplômes y compris les filières et les spécialités. Ceci a engendré des difficultés pour l'emploi des licenciés LMD, qui se sont orientés en grand nombre vers le Master et ceux du master vers le Doctorat, non sans créer quelques difficultés.
Face à cette situation, le secteur a fait part de cette préoccupation aux autorités publiques pour lever tous les obstacles au recrutement des diplômés du LMD, tant au niveau de la direction générale de la fonction publique qu'au niveau des statuts particuliers des différents secteurs utilisateurs.
Cette action a abouti à la promulgation d'une instruction qui consacre la classification des diplômes LMD et met fin à la discrimination entre les diplômes des deux systèmes dans le recrutement à des emplois publics. Comme elle invite à l'actualisation de la nomenclature des spécialités demandées, en conformité avec les filières et les spécialités assurées par les établissements universitaires dans le cadre du LMD.
Par ailleurs, une action d'envergure doit être menée pour dynamiser la relation université-entreprise et garantir une véritable relation entre le système universitaire et son environnement économique et social. Ceci ne sera possible sans la multiplication des offres de formation à caractère professionnel et la conclusion de conventions de partenariat entre les universités et les entreprises, afin de permettre aux étudiants d'effectuer des stages dans un milieu professionnel, pour renforcer leur employabilité et développer leurs connaissances et leurs compétences.
L'ouverture de l'université sur son environnement international devient une nécessité, dans un contexte marqué par l'orientation des systèmes d'enseignement supérieur vers la mondialisation, pour améliorer la qualité de la formation et de la recherche, généraliser les bonnes pratiques et adopter un système référenciel d'assurance qualité, pour garantir la qualité de l'enseignement supérieur, conformément aux normes internationales.
Ces axes sont un indicateur principal pour améliorer le classement des universités tant à l'échelle régionale, qu'internationale. Par conséquent, les établissements de l'enseignement supérieur sont appelés à s'intégrer dans cette dynamique et adopter un système de communication moderne qui améliore leur visibilité.
Dans ce même ordre d'idées, le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique œuvre à faciliter la contribution des chercheurs algériens exerçant à l'étranger, dans l'effort national de formation et de recherche par le biais de mécanismes adéquats et souples.
Pour ceux parmi eux, qui désirent revenir au pays, le ministère travaille en collaboration avec les institutions concernées afin de prendre en charge de façon particulière la question des équivalences de leurs diplômes et leur recrutement dans les mêmes grades acquis dans les universités étrangères.
Mesdames et Messieurs
L'amélioration constante des conditions de vie de l'étudiant constitue un objectif principal que nous voulons atteindre, du fait du lien étroit qui existe entre les aspects de l'enseignement et ceux liés à la qualité des œuvres universitaires.
Ainsi, la multiplication des résidences universitaires a permis d'améliorer les conditions d'hébergement, à l'exception de quelques villes universitaires limitées et dont les capacités d'accueil sont en voie de renforcement, afin d'éliminer définitivement le phénomène de la surcharge.
Aussi, nous accordons un intérêt accru à l'activité scientifique et culturelle en milieu universitaire et prévoyons un nouvel élan à la pratique sportive dans le cadre d'un programme ambitieux.
J'engage les chefs d'établissements à prendre en considération cette importance activité en tant que vecteur de développement de la vie universitaire.
Dans le même sillage, nous œuvrons à améliorer les conditions professionnelles et sociales des enseignants-chercheurs, pierre angulaire du succès du processus de réformes globales.
A cet égard, le déroulement des carrières des enseignants- chercheurs est une question qui mérite tout notre intérêt, eu égard à la place privilégiée qu'occupe l'enseignant chercheur dans la vie universitaire. Une réflexion sera menée dans la perspective de corriger les anomalies apparues ça et là, tout en s'attachant à la préservation du niveau académique, en maintenant l'habilitation qui l'assure.
Je saisi cette occasion pour féliciter les enseignants-chercheurs qui ont accédé au rang professoral, à l'issue de la dernière session de la commission nationale universitaire, qui a promu 322 maîtres de conférence au grade de professeur d'enseignement supérieur, sans omettre leurs collègues enseignants chercheurs hospitalo-universitaires qui seront promus, dans le cadre des concours qui se déroulent actuellement.
Aussi, le logement destiné aux enseignants-chercheurs est la principale préoccupation de secteur qui travaille au parachèvement de la réalisation du programme tracé, en collaboration avec les autorités locales concernées.
Les critères ont été fixés et la constitution des commissions est en cours. Il s'agit maintenant d'affecter les logements déjà prêts et poursuivre le travail avec Messieurs les walis pour la partie complémentaire à affecter et celle encore en chantier. Pour les chercheurs permanents du secteur, l'action menée par le MESRS pour inscrire un programme de logements en leur faveur selon les formules existantes, a été satisfaite à travers l'affectation d'un quota de 550 logements.
De même que nous ne ménageons aucun effort pour l'amélioration des conditions socio professionnelles du personnel de soutien administratif, technique et de service.
Je ne puis terminer mon intervention sans évoquer l'importante du dialogue et de la concertation dans le traitement de toutes les préoccupations soulevées au niveau des établissements universitaires et la prise en charge des revendications légitimes de la famille universitaire. Il est inacceptable de considérer le dialogue comme une question secondaire ou conjoncturelle, adopté à des moments précis et le plus souvent abandonné. Mais, il faut intégrer le dialogue et la concertation avec toutes les composantes de la communauté universitaire, enseignants, étudiants, travailleurs, comme outil permanent, s'inscrivant dans la perspective de la bonne gouvernance des établissements universitaires modernes.
Ce sont là quelques points que j'ai tenu d'évoquer dans cette conférence, en espérant qu'ils retiennent l'attention et qu'ils soient pris en charge au niveau de tous les établissements, afin de garantir la stabilité de l'Université et son développement. Je vous félicite pour vos bons efforts et votre bonne prise en charge de la rentrée universitaire.
Je vous remercie pour votre attention